04/12 - Etats-Unis : 2 ans après la marée noire, le désastre n'est pas fini

LA NOUVELLE-ORLEANS (Etats-Unis) - Des dauphins morts s'échouent toujours avec une effarante régularité sur le rivage, le corail étouffe sous une couche de pétrole : deux ans après la pire marée noire de l'histoire américaine, le golfe du Mexique est loin d'avoir pansé ses plaies.

Le 20 avril 2010, une déflagration secoue la plateforme Deepwater Horizon, exploitée par BP. Onze employés sont tués. Du pétrole commence à s'écouler dans la mer.

Il faudra 87 jours au pétrolier britannique pour venir à bout de la fuite du puits Macondo, par 1.500 mètres de profondeur. En près de trois mois, 780 millions de litres de brut se seront écoulés dans le golfe du Mexique.

La catastrophe écologique ne fait plus depuis longtemps la une de la presse américaine, pourtant, les pêcheurs et les habitants du pourtour du golfe continuent à retrouver des crevettes sans yeux ou des crabes criblés de trous. Des analyses montrent que le killi, un petit poisson à la base de l'alimentation de nombreuses espèces, est infesté de produits chimiques.

Pour tenter d'empêcher le pétrole d'atteindre les côtes, BP avait aspergé les nappes de brut de dispersants. Ces produits, couplés à des vents et des courants favorables et au travail des équipes de nettoyage, ont permis d'éviter la catastrophe écologique redoutée dans les marais de Louisiane, un écosystème très fragile. Mais, à en croire les associations écologistes, les dispersants rendent le travail de nettoyage du pétrole très difficile.

 

Des effets sur plusieurs générations

De plus "du pétrole se trouve toujours dans l'eau", assure Wilma Subra, chimiste et militante qui analyse régulièrement la faune et la flore marines du golfe du Mexique. "Le pétrole est toujours présent dans les marais, dans les estuaires et sur les plages. Les gens continuent à y être exposés".

A l'en croire, il est encore bien trop tôt pour prévoir les impacts à long terme de la catastrophe sur l'écosystème. Ses effets pourraient se faire sentir sur "plusieurs générations".

BP va verser 8 milliards aux entreprises lésées

BP vient de conclure un règlement à l'amiable avec les entreprises et les pêcheurs du Golfe du Mexique, touchés par l'explosion de la plateforme de forage Deepwater Horizon en 2010. Prochaine étape : le procès qui déterminera les responsabilités de chacun. 

Le géant pétrolier britannique BP va verser près de 8 milliards de dollars aux termes d'un accord à l'amiable réglant une partie du contentieux résultant de l'explosion de la plateforme de forage Deepwater Horizon en 2010 dans le golfe du Mexique.  

L'accord atteint vendredi soir permet d'indemniser des entreprises privées de la région souillée par la marée noire qui a suivi la catastrophe, comme les pêcheurs. Mais il ne couvre pas le plus gros du contentieux, les procédures ouvertes par les pouvoirs publics américains. "L'accord proposé n'inclut pas les plaintes contre BP déposées par le ministère américain de la Justice, ou par d'autres agences fédérales, ou par des Etats ou des collectivités locales", a précisé le juge Carl Barbier en rendant public un accord auquel il doit encore donner son approbation. 

Malgré les compensations versées par BP, M. Barisich explique que certains pêcheurs pourraient au final se retrouver sans ressources, sans toit.
Avant la marée noire, il employait huit personnes et engrangeait 100.000 dollars de bénéfices par an. L'année dernière, il n'avait plus que deux employés et a perdu 40.000 dollars.
Cruelle ironie du sort: au moment de la marée noire, les pêcheurs étaient à peine en train de se remettre du passage dévastateur de l'ouragan Katrina, cinq ans plus tôt.

Près de 40 milliards de dédommagements en tout

L'accord ne prévoit pas de limite maximale à l'indemnisation de chaque victime. Mais BP a pu évaluer en évaluer le coût pour ses finances à 7,8 milliards de dollars. 

BP a précisé que les 7,8 milliards de dollars seront réglés en puisant dans les fonds mis de côté par le groupe en 2010 pour indemniser les victimes de la marée noire, qui s'élèvent à 20 milliards de dollars. "Cet accord ne va aucunement alourdir la charge de 37,2 milliards de dollars - incluant les 20 milliards mis de côté - déjà passée dans les comptes de BP", a précisé le groupe. BP a déjà versé plus de 6 milliards de dollars à quelque 220.000 plaignants qui ont choisi d'être indemnisés dans le cadre d'une procédure d'urgence. Endiguer et nettoyer la marée noire lui a aussi coûté 13,6 milliards de dollars. 

Si le géant pétrolier britannique espère partager la facture de la catastrophe avec certains de ses sous-traitants - auprès desquels il a déjà récupéré 5 milliards de dollars -, déterminer les responsabilités posera un défi juridique complexe et pourrait prendre des années, avec à la clé de nombreuses procédures en appel. 

L'ouverture du procès devait se tenir lundi

L'ouverture du procès devait se tenir lundi pour déterminer la responsabilité de BP dans la catastrophe. Le juge en charge de l'affaire, Carl Barbier, a décidé à nouveau d'ajourner l'audience sine die pour permettre notamment aux parties de «revoir leurs positions respectives». Pêcheurs, entreprises, particuliers... selon les médias anglo-saxons, environ 116.000 personnes devront se partager les 7,8 milliards de dollars sous le contrôle de la justice américaine.

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Date de dernière mise à jour : jeudi 28 Juin 2012

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