Assèchement de la mer d'Aral

La mer d'Aral

La mer d'Aral est un lac d'eau salé d'Asie centrale.

Elle est partagée entre le Kazakhstan au nord et l'Ouzbékistan au sud.

Dans les années 1960, le lac d’Aral, communément appelé « Mer d’Aral » était le 4e lac du monde avec une superficie de 66 458 km².

 
Cet assèchement, dû au détournement des deux fleuves, est une des plus importantes catastrophes environnementales du xxe siècle.

La mort de la mer d’Aral

Jadis l’une des plus grandes mers fermées de la planète, la mer d’Aral a vu son bassin se réduire comme peau de chagrin au fil des ans, si bien qu'elle n’abrite, aujourd'hui, presque plus aucune forme de vie.
 
Les scientifiques soviétiques la qualifiaient d'"erreur de la nature", mais c’est sans doute l’Homme qui est en train de l'achever.

À cheval entre l’Ouzbékistan et le Kazakhstan, la mer d’Aral couvrait jusque dans les années 1960 une surface de 68 000 km², ce qui en faisait le quatrième plus grand bassin d’eau salée au monde.

À l’époque, ses pêcheurs fournissaient 20 % du marché soviétique.

Dès 1918 pourtant, le destin de la mer d’Aral était scellé, les autorités de l’URSS ayant décidé de détourner ses deux principaux affluents afin d’irriguer des zones désertiques de l’Ouzbékistan pour y implanter des rizières et des champs de coton.

À partir des années 1960, le niveau de la mer commence à baisser de 20 à 60 centimètres par an.
Bientôt, elle se divise même en deux, puis en trois. L'un de ces trois segments s’est asséché en 2009...

Cette baisse amorcée il y a 45 ans a entrainé la disparition de dizaines d’espèces animales. Les terres nouvellement émergées constituent un désert salé et toxique de plus de 2 millions d’hectares (l’Aralkoumami).

Les efforts des autorités du Kazakhstan pour inverser la tendance laissent toutefois espérer que le segment le plus au nord (la "petite mer") survivra et, peut être même, croîtra à l’avenir.

Superficie

 



Vues aériennes de la mer d’Aral.
À gauche en 1989
À droite, en 2008.


68 000 km²   (1960)

28 687 km²   (1998)

17 160 km2   (2004)

Images aériennes entre 2000 et 2009

Images publiées sur le site de l’observatoire terrestre de la Nasa.

En haut à gauche, une photo prise en 2000; en bas à droite, le même cliché en 2009.

"Ce fut une gigantesque erreur de la part des planificateurs soviétiques"

Alexey Yablokov est le chef de "Green Russia",

un mouvement écologiste qui milite au sein du parti socio-libéral "Yabloko".

 

 
"Lorsque les médias évoquent la 'catastrophe de la mer d’Aral' pour parler de sa quasi-disparition, ils oublient de dire la chose la plus importante : il ne s’agit pas d’un désastre naturel, mais bien des conséquences d’un plan soigneusement mis en œuvre. Remplacer la mer par des rizières faisait partie du projet stalinien de remodelage de la nature. Des cartes remontant aux années 1960 montrent son ampleur. Bien entendu, ce fut une gigantesque erreur de la part des planificateurs soviétiques, qui ne prirent pas en compte les conséquences d'un tel programme sur l’environnement."

 

Avant de pouvoir commencer à réparer les dégâts, nous devons d’abord reconnaître nos responsabilités. Les personnes qui ont rédigé et validé ces plans monstrueux n’ont toujours pas de nom. Tant que la structure politique de l’Asie centrale ne ressemblera pas à celle de l’Union européenne, toute tentative de transformer ce désert en un jardin florissant sera vouée à l’échec. Ce ne sont pas les projets qui manquent, mais la volonté politique. Il en existe d'intéressants pour construire des centrales thermo-solaires qui pourraient exporter de l’électricité vers les pays voisins. Idem en ce qui concerne certaines technologies agricoles qui permettraient de réduire la consommation en eau."

 

Source

Vidéo :

Depuis les années 60, surexploitée pour l’irrigation des champs, la Mer d'Aral a perdu 80% de sa surface, entraînant de lourdes conséquences écologiques. Les satellites d'altimétrie comme Jason ont notamment servi à définir un plan de sauvetage et à mettre en place des digues


Mer d'Aral par CNES

Ces extrêmes variation du niveau pourraient aussi avoir des origines naturelles...

En réalité, le véritable évènement est récemment venu des scientifiques et notamment des archéologues qui ont démontré que ce recul des eaux s’était déjà produit quatre fois au cours de l’histoire de cette mer jusqu’à atteindre un assèchement presque complet. Or, le niveau est à chaque fois remonté. On a ainsi trouvé des traces de culture du blé, du mil et de légumes mais aussi les vestiges de villes antiques dans ce qui était le fond de la mer contemporaine (exemple d'article).

 

Le moteur de cet impressionnant phénomène serait climatique mais aussi géologique dû pour une part à la tectonique et pour une autre part à la nature sédimentaire des roches encaissantes. Celles-ci fonctionneraient un peu comme des éponges absorbant ou restituant l’eau en fonction de la pression qu’elles subissent. On a aussi découvert de puissantes sources souterraines qui contribuent à alimenter cette mer intérieure. La question d’un lien hydrogéologique entre la mer d’Aral et la mer Caspienne est même posée (article du Courrier International).

 

Même si ces extrêmes variations de niveau pourraient aussi avoir des origines naturelles, elles se produisent à l’échelle géologique. Or, à l’échelle humaine les conséquences de cet assèchement (ou remplissage en fonction des époques) sont réelles et directes. La mutation radicale du biotope entraine la disparition d'espèces animales et végétales (pas seulement endémiques). Quand aux impatcs humains, ils sont de nature économiques et sociaux comme le rappelle l’ONU et S.E. Emomali Rakhmonov, Président de la République du Tadjiskistan également Président du Fonds international pour sauver la mer d'Aral ; mais ils sont aussi médicaux ainsi que le soulignent l’OMS et l’UNESCO. A cela, il s'ajoute encore la dimension géostratégique  et militaire. Il faut donc continuer à agir.


La découverte des variations importantes du niveau de la mer d’Aral au cours des siècles écoulés est capitale. Sa prise en compte permet aux chercheurs d’explorer de nouvelles pistes pour freiner l’assèchement et même, pourquoi pas, d’envisager rationnellement un inversement de tendance (ce qui était encore impensable il y a peu de temps).

 

Ceci est possible à condition de continuer à explorer ce territoire et ses mécanismes. On ne le rappellera jamais assez, les relations et dynamiques qui organisent et régissent le système-monde sont d’une immense complexité. L’oublier, c’est s’exposer à prendre des décisions au mieux inefficaces, au pire dont le résultat peut-être l’inverse du but recherché.

Source

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Date de dernière mise à jour : vendredi 06 Avril 2012

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