07/12 - La situation actuelle à Fukushima selon l'institut de sureté nucléaire français

L'IRSN (Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire) vient de publier (ce 2/7/2012) un nouvel avis concernant la situation actuelle à la centrale de Fukushima. (Voir l'avis en fin de page)

 

 

 

L'IRSN rappelle d'abord que l'accident survenu à la centrale à la suite du tsunami se situe "au niveau 7 de l'échelle INES". En clair, un accident "majeur", au plus haut degré de gravité.

Formation de corium

Le « corium  » est un magma métallique résultant de la fusion des éléments du cœur d'un réacteur nucléaire. Il est constitué du combustible nucléaire, des éléments de l'assemblage combustible et des divers éléments du cœur avec lesquels il rentre en contact. Le corium ne se forme que lors d'accidents nucléaires catastrophiques tels ceux de Three Mile Island, de Tchernobyl, ou de Fukushima.

Le corium se forme à très haute température (~ 3 000 °C, température de fusion de l'oxyde d'uranium). Il dispose d'une importante puissance thermique résiduelle, c'est-à-dire que contrairement à la lave d'un volcan qui finit par se refroidir, le corium continue à émettre de la chaleur pendant des décennies, en raison de la désintégration des produits de fission, après arrêt du réacteur. Il est hautement toxique, radioactif, extrêmement dense et extrêmement chaud : il peut faire fondre la plupart des matériaux et percer tout ce qui se trouve sous lui.

Le terme « corium » est un néologisme formé de core (en anglais, pour le cœur d'un réacteur nucléaire), suivi du suffixe ium présent dans le nom de nombreux éléments radioactifs : uranium, plutonium, neptunium, américium, etc.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Corium
Image : Corium de Tchernobyl

Une surveillance du site toujours aléatoire

Pour IRSN, l'accessibilité aux sites radioactifs reste "limitée".
La fiabilité des moyens de surveillance reste "incertaine".
"Des éléments nouveaux seront inévitablement découverts dans les installations".

Persistance de fuites radioactives

Ces fuites ont lieu au niveau des bâtiments des réacteurs qui ne sont pas encore protégés par une couverture. Cela concerne également le sous-sol où la contamination radioactive va dans la mer.

Au moins 40 ans de travaux pour démanteler le site

Ces délais ont été donné par TEPCO et, d'après l'IRSN, "ne peuvent être considéré que comme des ordres de grandeur".

CONCLUSION

Dans une sorte de conclusion sur un mode, oh combien, humoristique, l'IRSN met l'accent sur tous les enseignements scientifiques que permettra l'analyse des mécanismes qui ont présidé à la survenue de la catastrophe ainsi que ceux résultant des mesures mises en œuvre pour y remédier ! Rien de tel donc qu'une bonne petite catastrophe nucléaire pour en apprendre un peu plus sur ce bon vieil atome !
 

Source : http://blogs.mediapart.fr/edition/japon-un-seisme-mondial/article/040712/la-situation-actuelle-fukushima-selon-linstitut-

 


 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Accident survenu à la centrale de FUKUSHIMA DAI-ICHI


Point de la situation fin juin 2012

Ce document est basé sur les informations rendues publiques sur la situation de la centrale de Fukushima Dai-ichi. Sauf événement particulier, la périodicité de mise à jour sera dorénavant semestrielle.

 

I. Rappel des faits

Le séisme de magnitude 9, survenu le 11 mars 2011 à 80 km à l’est de l’île de Honshu au Japon, et le tsunami qui s’en est suivi, ont affecté gravement le territoire japonais dans la région de Tohoku, avec des conséquences majeures pour les populations et les infrastructures.
En dévastant le site de la centrale de Fukushima Dai-ichi, ces événements naturels ont été à l’origine de la fusion des coeurs de trois réacteurs1 nucléaires et de la perte de refroidissement de plusieurs piscines d’entreposage de combustibles usés.Des explosions sont également survenues dans les bâtiments des réacteurs 1 à 4 du fait de la production d’hydrogène lors de la dégradation des combustibles. Des rejets dans l’environnement très importants ont eu lieu. L’accident a été
classé au niveau 7 de l’échelle INES.

II. Etat des installations

- Coeurs des réacteurs 1, 2 et 3
Dès le début de l’accident, les informations disponibles avaient permis à l’IRSN de conclure que le combustible des trois réacteurs avait partiellement fondu du fait de la perte de refroidissement survenue. Même si aucun élément ne permettait de conclure à une rupture très importante des cuves après la relocalisation vraisemblable de corium au fond de celles-ci, l’IRSN estimait que l’étanchéité des cuves et des enceintes n’était plus garantie.


Les analyses menées par TEPCO ont depuis conclu :
- pour le réacteur n° 1, à la fusion totale du coeur et à la percée de la cuve, avec épandage de corium dans le fond de l’enceinte de confinement ;
- pour les réacteurs 2 et 3, à une dégradation importante des coeurs, avec la possibilité d’une relocalisation significative de corium dans le fond de la cuve et d’un écoulement faible de ce corium dans le fond de l’enceinte de confinement.

- Le réacteur 4 est déchargé et les réacteurs 5 et 6 sont en situation d’arrêt sûr.


- Piscines d’entreposage de combustibles usés :
Les éléments disponibles (contrôles vidéo de l’intérieur des piscines et mesures de la contamination de l’eau) confortent l’hypothèse selon laquelle il n’y aurait pas eu de dégradation importante des combustibles entreposés.
En revanche, des matériaux sont tombés dans les piscines des réacteurs 1, 3 et 4 à la suite des explosions, ce qui compliquera l’extraction des combustibles présents.

III. Situation actuelle des installations

Les réacteurs 1, 2 et 3 sont refroidis par injection permanente d’eau douce (débit inférieur à 10 m3/h). TEPCO a fait état, fin 2011, de l’atteinte d’une situation d’« arrêt à froid », terme impropre eu égard à l’état des réacteurs, correspondant à une température de l’eau dans les réacteurs inférieure à 100 °C. Ceci permet d’éviter la vaporisation de l’eau et donc limite les rejets à l’environnement par les fuites du confinement.

A cet égard, la température relevée actuellement par TEPCO aux points de mesure dans les réacteurs est comprise entre 30 et 60 °C. Par ailleurs, TEPCO a fourni des informations sur le niveau d’eau dans les enceintes de confinement des réacteurs ; ce niveau d’eau serait de 2, 0,6 et 5 mètres respectivement pour le réacteur 1, le réacteur 2 et le réacteur 3. En outre, une injection d’azote est effectuée dans les enceintes de confinement des réacteurs pour maintenir leur inertage et éviter ainsi tout risque de combustion d’hydrogène.


Les piscines d’entreposage des six réacteurs et la piscine d’entreposage du site sont maintenant refroidies en circuit fermé. En outre, TEPCO a réalisé des travaux de confortement du génie civil de la piscine du réacteur 4 dans le cadre de son plan de reprise de contrôle des installations.
Afin de stabiliser la situation des installations, TEPCO a mis en oeuvre des moyens redondants et des secours électriques pour maintenir le refroidissement des installations et assurer l’inertage à l’azote des enceintes de confinement des réacteurs. De plus, certains matériels sont installés dans des zones surélevées et une protection anti-tsunami a été mise en place en bordure de site. Enfin, une surveillance des paramètres essentiels est assurée (température d’eau, teneur en hydrogène dans les enceintes, niveaux d’eau…).

L’IRSN relève l’importance des moyens déployés par TEPCO pour reprendre le contrôle des installations et rappelle que ces actions doivent s’inscrire dans la durée, eu égard au temps nécessaire au démantèlement des installations.
Différents événements sont survenus au fil du temps (mesure de xénon dans les réacteurs, indisponibilités ou dérives de moyens de mesure de température, fuite de circuits d’eau, pertes temporaires du refroidissement des piscines, de l’injection d’azote garantissant l’inertage ou de la retransmission des informations permettant le suivi en temps réel des installations…) qui n’ont pas mis en évidence d’évolution significative de la situation des installations, en l’état des informations disponibles.

L’IRSN souligne toutefois que ces éléments confirment la nécessaire vigilance à maintenir quant au comportement des installations, qui s’exerce dans un contexte toujours difficile lié à l’accessibilité limitée et à la fiabilité incertaine des moyens de surveillance. En tout état de cause, les actions menées par TEPCO dans les installations conduiront inévitablement à découvrir des éléments nouveaux.


TEPCO a également entrepris ces derniers mois de nombreuses visites et des contrôles spécifiques complémentaires des réacteurs (visite des bâtiments par des robots notamment, contrôle de l’état du bâtiment du réacteur 4…). Il souhaite ainsi définir au mieux son plan d’actions en vue du démantèlement, mais aussi s’assurer que les installations seraient de nature à résister à un éventuel nouveau séisme important. L’IRSN souligne que ces contrôles peuvent également contribuer à une meilleure compréhension de l’accident survenu en mars 2011 par une connaissance accrue des conséquences réelles sur les matériels.

IV. Rejets actuels

En l'état des éléments disponibles, des rejets diffus, sans commune mesure avec ceux survenus mi-mars, se poursuivent (inférieurs à la dizaine de MBq de césium/h, selon TEPCO).


TEPCO poursuit ses actions en vue de maîtriser ces rejets diffus, notamment :
- en recouvrant les bâtiments des réacteurs à l'aide de parois posées sur une armature
métallique (réalisé pour le réacteur 1) ;
- en étanchant certaines galeries techniques enterrées et en installant une paroi enterrée
entre le site et l'océan (en cours) ;
- en recouvrant le fond de l'océan, dans le « port » du site, de plaques de béton, afin de
limiter l'entrainement de la contamination déposée ;
- en traitant les volumes d'eau présents dans les parties basses des bâtiments. Cette eau,
après traitement, est réutilisée pour refroidir les réacteurs.

V. Plan de reprise de contrôle des installations

TEPCO considère que les premières phases de reprise de contrôle de l’installation sont réalisées dans la mesure où, d’une part le refroidissement des réacteurs et des piscines est assuré, avec le maintien d’une température basse de l’eau dans les installations, d’autre part les rejets résiduels sont à des niveaux faibles. Les actions de nettoyage du site se poursuivent, notamment pour permettre les travaux futurs.


Le plan d’actions retenu par TEPCO comprend maintenant trois grandes étapes :
- la première vise à débuter le retrait des combustibles présents dans les piscines des réacteurs 1 à 4, avec un objectif de 2 ans. A ce jour, TEPCO envisage de démarrer la reprise des combustibles dans la piscine du réacteur 4, la plus chargée en combustibles à puissance résiduelle élevée, fin 2013 ;
- la deuxième prévoit d’engager le retrait des combustibles dégradés des réacteurs 1 à 3, avec un objectif de 10 ans ;
- la dernière conduira au démantèlement complet des installations, avec un objectif de 30 à 40 ans.


Ce plan d’actions est associé à un important programme de recherche et de développement pour définir et organiser les interventions à réaliser, de grande ampleur et sans précédent.
Sans remettre en cause la cohérence de ce plan d’actions, l’IRSN souligne que les délais annoncés ne peuvent être considérés que comme des ordres de grandeur et que d’importantes opérations de caractérisation approfondie de l’état des installations seront à réaliser.

L’IRSN relève toutefois l’importance des moyens mis en oeuvre par TEPCO pour tenir l’échéancier annoncé ; à ce jour, l’avancement semble en ligne avec cet échéancier global.

 

SOURCE :http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN_Seisme-Japon_Point-situation-02072012.pdf

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Date de dernière mise à jour : jeudi 05 Juillet 2012

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